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Nucléaire : publication du rapport annuel de l'IRSN : une hausse de 14 % des "événements significatifs pour la sûreté"

| le 07-01-2011 | par Nelly Mioni - Documentaliste, IRMa | 2510 vues | Recommander cet article |
Nucléaire : publication du rapport annuel de l'IRSN : une hausse de 14 % des

L'IRSN vient de publier son rapport annuel de synthèse de l'année 2009, qui apporte des éléments d'appréciation sur la sûreté et la radioprotection du parc électronucléaire français. Bilan mitigé qui souligne une hausse de 14 % des "événements significatifs pour la sûreté" et une augmentation quasi constante depuis 2005.

L’IRSN consacre des ressources importantes à une veille technique permanente de l’état de la sûreté du parc des 58 réacteurs électronucléaires français (notre pays compte 58 réacteurs nucléaires de puissance en service ainsi qu'environ 70 autres installations nucléaires, dont les usines associées à la filière électronucléaire et les réacteurs mis à l’arrêt définitif).

Cette analyse technique est réalisée à partir de l’exploitation systématique des rapports d’incidents transmis par les centrales à l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et contribue à orienter les études et les recherches que l’Institut estime prioritaires en vue de faire avancer la sûreté, et alimente notamment les travaux d’expertise réalisés à la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire, lors des réexamens périodiques de sûreté des installations.

L'IRSN vient donc de passer au crible le parc nucléaire français, soit 58 réacteurs (tous exploités par EDF) et a recensé 713 "événements significatifs pour la sûreté" (EES) soit une hausse de 14 % par rapport à 2008 et une augmentation quasi constante depuis 2005.

A noter que sur le plan de la gravité des incidents, aucun incident n’a eu de conséquence importante pour l’état de l’installation, l’environnement, la santé des travailleurs et de la population.

 

L'erreur humaine, première responsable des incidents

"L’année 2009 a montré à nouveau, malgré les efforts de prévention réalisés, une très forte prépondérance du facteur humain (85 %) à l’origine des incidents significatifs, la plupart sans conséquences notables”, constate Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN. Au total, 95 EES (sur les 713 de 2009) ont été classés au niveau 1 de l’échelle internationale INES qui compte 7 niveaux, contre 72 en 2008 et 55 en 2007.

L'IRSN souligne un incident de niveau 2 qui n'est pas lié à une intervention humaine mais à un phénomène naturel : l'obstruction soudaine par des végétaux charriés par le Rhône de la station de pompage chargée de refroidir le réacteur n°4 de la centrale de Cruas (Ardèche).

L'explication de ces erreurs humaines croissantes proviendrait notamment de la complexification des procédures, mais aussi des "conditions d’exploitation très contraignantes et tendues qu’imposent les objectifs de productivité du parc, en particulier lors des arrêts de tranche pour maintenance et rechargement, au cours desquels on constate un nombre élevé d’événements significatifs, en augmentation sur certains paliers du parc."

Une analyse plus approfondie de ces défaillances montre que :

  • 40 % sont des défaillances de premier niveau, liées à des erreurs de geste, des confusions de matériels, de locaux ou de réacteurs, des oublis et des transgressions de règles, volontaires ou non
  • 35 % sont des défaillances dans le diagnostic de situations ;
  • 28 % sont des défaillances dans la rédaction, le contrôle ou la mise à jour de la documentation opérationnelle ou des défauts dans son utilisation ;
  • 25 % sont des défaillances liées à l’organisation et aux performances des centrales concernant la préparation et la planification des activités ;
  • 20 % sont des défaillances dans les processus de contrôle au cours et à l’issue d’interventions ;
  • 20 % sont des événements qui révèlent des défauts de connaissances des phénomènes physiques, de l’installation, des matériels ou des référentiels, parfois des défauts de compétences.


Une analyse des événements

Ce rapport ne prétend pas être exhaustif, il présente une évaluation globale de la sûreté du parc en exploitation, en mettant en évidence des tendances d’évolution de certains paramètres significatifs pour la sûreté des installations. Il analyse une sélection d'événements et d'incidents riches d'enseignements de manière à améliorer la sûreté.

Parmi la sélection des événements survenus en 2009, le rapport présente le plus marquant qui est survenu à la centrale de Cruas en Ardèche où une arrivée massive de végétaux a bloqué l’entrée d’eau dans l’une des stations de pompage, conduisant à la perte totale du refroidissement de systèmes importants pour la sûreté
du réacteur n°4. L'IRSN souligne que "cet incident a été géré avec un grand professionnalisme par les équipes d’EDF. Il a donné lieu à la mise en place de l’organisation nationale de crise, ce qui rappelle l’importance, du point de vue de l’IRSN, de ne pas sous-évaluer les risques associés aux agressions naturelles. "

Autre événement en Rhône-Alpes, plusieurs fissures par corrosion ont été détectées dans les tubes des générateurs de vapeur du réacteur n°3 du Bugey (Ain) lors de son arrêt pour rechargement. Ce type d'endommagement, difficile à détecter, a conduit EDF à mettre en oeuvre un programme spécifique de contrôles et d'expertises, dont les conclusions ont entraîné la décision de remplacer les générateurs de vapeur de ce réacteur avant son redémarrage.

 

Des progrès en radioprotection

L'IRSN souligne toutefois que des progrès continuent d’être enregistrés en matière de radioprotection, avec une poursuite de la baisse de la dosimétrie individuelle ; même si plusieurs incidents notables sont survenus, particulièrement lors d’opérations classiques de radiographie industrielle effectuées sur les chantiers de maintenance. En d’autres circonstances, de tels incidents auraient pu avoir de graves conséquences en termes d’irradiation accidentelle d’intervenants.

 

 



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