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Le risque de rupture de barrage est encore aujourd’hui largement méconnu des populations concernées

| le 27-02-2007 | par Sébastien Gominet - Géographe, IRMa | 11112 vues | Recommander cet article |
Le risque de rupture de barrage est encore aujourd’hui largement méconnu des populations concernées

La publication d’une partie des informations contenues dans un rapport d’EDF sur la sécurité de ces ouvrages par le mensuel Capital (mars 2007) est peut-être en train de réveiller les consciences sur ce sujet.

Selon ce rapport, établi en août 2006 par la division hydraulique-ingénierie d’EDF, 200 barrages sur 450 ouvrages répartis sur le territoire français présenteraient des risques liés à leur état de vétusté. La région Rhône-Alpes est bien sûr très concernée puisque la majorité de ces barrages se trouvent dans les Alpes (le Verney et le Chambon en Isère ou encore la Girotte, Viclaire et la Rageat en Savoie par exemple).

La réglementation (décret n°2005-1158 du 13 septembre 2005 modifiant le décret n° 92-997 du 15 septembre 1992) distingue les barrages d'une hauteur d'au moins vingt mètres et comportant un réservoir d'une capacité égale ou supérieure à quinze millions de mètres cubes, du reste des ouvrages hydrauliques. Ces barrages, plus communément appelés « grands barrages », doivent obligatoirement faire l’objet d’un Plan Particulier d'Intervention (PPI) réalisé par le préfet en vue de protéger les populations vivant en aval (le PPI du barrage du Chambon est en cours d’élaboration). Les PPI comportent notamment :

  • la description des scénarios d'accident (hauteur et temps d’arrivée de l’onde de submersion dans les communes concernées situées en aval)
  • les mesures d'information et de protection prévues au profit des populations (schémas d'évacuation…)
  • les mesures d’alerte par l’exploitant des autorités compétentes et la diffusion de l'alerte auprès des populations voisines de l’ouvrage.


Beaucoup de barrages hydrauliques ne sont donc pas soumis à PPI (hauteur du barrage et volume de la retenue insuffisant). Il n’y a donc en général pour ces ouvrages pas de scénario d’accidents connus, de plan d’évacuation, de mesures d’alerte et d’information des populations concernées. C’est le cas par exemple des barrages de Noyer-Chut, de Fond de France, du Bournillon, et du lac Mort en Isère, cités dans le rapport d’EDF parmi les ouvrages présentant des faiblesses (« corps de l’ouvrage très dégradé » pour le Bournillon, « fuite dans la digue » pour le barrage de Fond de France…).

 

La déclaration d' EDF suite à l'article du mensuel Capital a été la suivante :

"Les ouvrages hydrauliques sont conçus pour une durée de vie qui dépasse le siècle. Aujourd'hui, l'âge moyen des centrales hydroélectriques d'EDF n'est que de 50 ans et elles affichent des niveaux satisfaisants de performance et de sureté.

Depuis l'accident du Drac en 1995 qui a conduit l'entreprise a sensiblement renforcer la sécurité, aucun accident ayant entrainé des préjudices corporels n'a d'ailleurs été constaté

Un contrôle systématique des ouvrages et des opérations d'entretien sont menées régulièrement. Par ailleurs, les grands barrages sont soumis sous le contrôle des services du Ministère de l'Industrie, à des visites décennales approfondies pour contrôler leur solidité et leur sûreté.

Il est vrai que les installations sont davantage sollicitées que par le passé, en particulier pour faire face aux pics de consommation. Ainsi, lors du délestage européen du 4 novembre 2006, la mobilisation de 5 000 MW de production hydraulique a permis de ré-alimenter très rapidement les 5 millions de foyers concernés.

EDF a décidé d'engager un programme considérable d'investissements de maintenance pour un montant global de 500 millions d'euros sur la période 2007-2011.

Cette décision du Président d'EDF a d'ailleurs été inscrite au Plan Moyen Terme des Investissements du Groupe."

En Isère, une réunion publique organisée par EDF au Freney d’Oisans (à la demande du maire) se tiendra le 1 mars à 18h en salle polyvalente . Les habitants de cette commune, située juste en aval du barrage du Chambon, pourront ainsi mieux aprécier les risques auxquels ils sont soumis et les mesures de prévention qui vont être prises pour assurer leur sécurité.

 

En savoir plus :

> L’article en ligne du magasine Capital avec le rapport d’EDF en téléchargement :
http://www.capital.fr/Actualite/Default.asp?source=FI&numero=62253&Cat=SOF

> Pour en savoir plus sur les PPI des barrages isérois :
http://www.isere.pref.gouv.fr/sections/risques3689/risques_technologiqu/risque_de_rupture_de

> Pour en savoir plus sur le risque de rupture de barrage :
http://www.irma-grenoble.com/03risques_majeurs/01fichesRT_afficher.php?id_RSD=21

> Rapport du Conseil général des mines et de l'Inspection générale de l'environnement sur les réglementations applicables aux barrages et digues pour assurer la sécurité et limiter les risques ainsi que sur les mesures pour les améliorer
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000110/index.shtml



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