Accueil >> Actualité >> Articles

Accident d'un wagon de chlore : la ville d'Albertville a testé son PCS

Le 30-08-2010 | Par Olivier Cartier-Moulin - consultant en gestion des Risques Majeurs | 4083 vues | Recommander cet article | Ajouter aux favoris |
Accident d'un wagon de chlore : la ville d'Albertville a testé son PCS

La ville d'Albertville a testé son Plan Communal de Sauvegarde le 10 juin 2010, au travers d'un exercice simulant un accident de wagon de chlore. Un thème non anodin car la collectivité avait déjà dû faire face à un incident semblable en 2008 quand un wagon de chlore fort heureusement vide avait déraillé en gare d'Albertville...

Contexte de l'exercice

L’exercice « Plan Communal de Sauvegarde » d’Albertville s’est déroulé le Jeudi 10 juin au matin. Le scénario concernait une fuite de chlore sur un wagon à hauteur du passage à niveau de la Rue de Longeray. Les services de la mairie n’étaient pas prévenus de la date exacte de l’exercice afin de pouvoir estimer la capacité de mobilisation de l’organisation de crise.

Les Pompiers, la Police Nationale et la Gendarmerie étaient associés aux opérations afin de tester la coordination avec les services de la Ville, sur le terrain et au Poste de Commandement Communal.

L’école Albert BAR a également été associée à cet exercice et a pu mettre en oeuvre son PPMS.

La population n’a en revanche pas été sollicitée.

Le présent compte-rendu fait état des observations faites à la fois par les observateurs extérieurs et par les membres de l’organisation communale de crise, et propose des améliorations au PCS.

 Déclenchement du plan

9h10 : L’ordre de déclenchement du PCS est donné à Odile Lobel par le maire.

9h14 : Diffusion du message de mobilisation à l’ensemble des membres de la cellule de crise (32 contacts) via le système d’alerte par téléphone Cedralis.

9h20 : 12 personnes sont présentes dans la salle du Poste de Commandement Communal

Tous les membres de la cellule de crise ont trouvé que le message de mobilisation leur est parvenu rapidement avec un contenu clair. Cette rapidité de diffusion repose sur le fait que la personne en charge de cette mission a une bonne maîtrise de l’outil d’alerte. Néanmoins, elle est la seule à maîtriser ce système : il serait donc souhaitable de pouvoir former 1 à 2 personnes supplémentaires afin de pouvoir maintenir cette rapidité de mobilisation quelle que soit la situation. Ces personnes devront également s’entrainer régulièrement.

Mise en place du Poste de Commandement Communal - PCC

- Regroupement et positionnement du PCC

La salle utilisée pour le PCC (salle de la municipalité) offre l’avantage de faciliter l’accès avec l’extérieur.

Néanmoins l’agencement de la salle mis en place lors de l’exercice (nombreuses tables au milieu) est à revoir. (propositions du Commandant Ducrettet) :

- Mettre les tables contre les murs pour préserver un espace de circulation au centre de la pièce.

- Identifier les différentes cellules opérationnelles par une affiche fixée au mur au-dessus de la

table correspondante.

- Séparer les différentes cellules équipées de téléphone par des cavaliers pour diminuer les

nuisances sonores et faciliter les échanges téléphoniques qui étaient parfois impossibles lors de

l’exercice.

- Installer une horloge au PCC.

Une deuxième salle capable de recevoir le PCC est à prévoir au CIS au cas où la mairie serait dans le périmètre du risque à gérer.


- Utilisation des moyens logistiques

Le plan de la ville affiché au PCC devra être plastifié pour pouvoir « mettre à jour » les informations qui y sont reportées en fonction de l’évolution de la situation. Le plan devra également être mis à jour avec l’ensemble des bâtiments.

L’utilisation des gilets haute visibilité permettait d’identifier les personnes de la cellule. Néanmoins, il est important que chacun puisse avoir un badge identifiant son rôle, notamment les personnes qui sont en relation avec les services extérieurs (pompiers, police…)

Les cartes distribuées aux agents de terrain semblent trop petites et donc peu lisibles. Prévoir un format plus grand.

Du matériel supplémentaire est à prévoir (voir « main courante » et « partage d’information").

- Connaissance du rôle de chacun

Les rôles étaient a priori peu clairs pour certaines personnes mais les ajustements se sont rapidement opérés une fois dans l’action.

Fonctionnement du PCC

- Tenue de la main courante

Les demandes d’interventions des services sur le terrain (barriérage, information aux habitants…) ont bien été notées sur la main courante. Par contre, la confirmation de leur mise en oeuvre ne figure pas sur la main-courante, on ne sait donc pas si ces actions ont réellement été réalisées et à quelle heure. Les informations doivent remonter depuis le terrain pour être reportées sur la main courante.

Le fait que la main courante soit tenue sur papier et sur tableau, double le travail. De plus, le tableau ne permet pas de reporter toutes les informations depuis le début de la phase de gestion de crise. Pour remédier à cette situation, il est proposé que la main courante soit tenue sur informatique et vidéoprojetée sur le mur prévu à cet effet. Le vidéoprojecteur devra être installé au plafond pour ne pas gêner la circulation dans la salle.

- Mise en place d’un standard

La quasi-totalité des personnes ayant appelé en mairie pour avoir des informations concernant l’évènement, leurs proches concernés ou les consignes à suivre ont été renseignées correctement. Les personnes auxquelles on ne savait donner la réponse immédiatement ont été rappelées rapidement pour finalement leur donner la bonne information...

Le standard PCC n’était assuré que par 1 personne et la ligne téléphonique utilisée pas forcément bien positionnée dans la salle. Lorsque la ligne est occupée, un renvoi s’effectuait sur les postes de l’état civil. Les personnes qui appelaient devaient alors raccrocher et rappeler.

Il est proposé qu’une personne assure le standard général (y compris fonctionnement normal) et transfère systématiquement les appels concernant la gestion de crise à 2 personnes situées au PCC ou à proximité immédiate afin d’avoir les infos sur l’évolution de la situation régulièrement.

- Communication

Les différents communiqués à destination de la population et pour renseigner les personnes appelant au standard ont été rapidement réalisés et transmis aux agents chargés de diffuser l’information. Il faudrait toutefois renouveler plus régulièrement les messages à transmettre à la population via le Standard et les agents en poste sur le terrain.

- Liaison avec le terrain

Cette liaison a été assurée par l’adjoint aux travaux, qui s’est rendu au poste de commandement opérationnel environ une demi-heure après le retour du Maire au PCC. Pour améliorer le lien avec le terrain, penser à envoyer un élu sur le terrain, au PC opérationnel auprès des Pompiers, pour remplacer le Maire dès que celui-ci est revenu au PCC.

- Accueil en Mairie

Prévoir une personne dédiée à cette tâche pour gérer les personnes qui se présentent en mairie (population, journaliste…).

- Utilisation du système d’alerte par téléphone

Le système d’alerte à la population n’a pu être déployé rapidement par manque de maîtrise de l’outil. Il est nécessaire qu’1 à 2 agents soient mieux formés et s’entrainent plus régulièrement à l’utilisation de cet outil (voir aussi « déclenchement du plan »).

Fonctionnement de la cellule Terrain

- Rôle du responsable de la cellule Terrain et liaison avec PCC

Durant l’exercice, le responsable de la cellule terrain a été assisté par une personne qui gérait le transfert d’information avec le PCC et s’assurait de la validation des actions demandées par le responsable de la cellule. Ce rôle d’appui est à formaliser dans l’organisation de crise.

- Surveillance sur le terrain

Les agents en poste sur le terrain (périmètre de sécurité) n’avaient pas forcément les informations  concernant les mesures prises par le PCC. Le message à réactualiser régulièrement par la cellule communication doit également être transmis aux agents de terrain afin qu’ils donnent les bonnes informations à la population.

- Logistique

Intervention très rapide des agents chargés du barriérage.

Les moyens de transport privés ont été également déployés avec une grande rapidité (7 bus mobilisés en 15 minutes) du fait que les numéros de téléphone portable des chefs d’entreprise avaient été consignés dans les fiches du PCS. Une info très utile à mettre à jour régulièrement.

Penser à demander aux agents en « fonctionnement normal » de réduire l’utilisation de leurs radios en cas de déclenchement du PCS.

- Alerte et utilisation de l’EMA

Le message a bien été transmis via l’EMA d’après un communiqué de la cellule Communication (action réalisée par le chef de la PM). Cela fonctionne donc bien. Néanmoins, il serait souhaitable de former 1 à 2 agents de la PM à l’utilisation de l’EMA pour préserver le chef de la PM sur une mission de coordination.

 

- Hébergement

Le déploiement des moyens (salle) nécessaires à l’accueil des personnes évacuées s’est fait rapidement, les personnes ont été recensées par des personnes facilement identifiables car elles portaient des chasubles.

Toutefois, les personnes chargées de mettre en oeuvre cette mission n’étaient que 2 pour accueillir la population évacuée. S’il y avait eu réellement 250 personnes à prendre en charge, il aurait fallu renforcer cette équipe pour avoir 1 personne en bord de route pour signaler le site au bus ainsi que 2 à 3 personnes pour accueillir et recenser les personnes. Un intervenant chargé du soutien psychologique est également à prévoir.

- Ravitaillement

Cet aspect a été anticipé et la cuisine centrale a été sollicitée. Les moyens privés auraient également pu être sollicités si besoin. Cela fonctionne donc bien a priori.



Commentaires »


900 ans face aux avalanches, l'incroyable histoire de Celliers...
Celliers
Le saint Eynard, solide comme un roc ? hum...
Saint-Eynard
L'inondation de l'Arbresle en 2008 : la pire crue des 200 dernières années :
inondation de l'Arbresle en 2008
Tout savoir sur le glissement de terrain de 1931 au Châtelard (Bauges) :
glissement de terrain du Châtelard - les Maîtres du Mont déserté

 

Haut de page

L'Institut des Risques Majeurs est soutenu par :

Conseil départemental de l'Isère Région Auvergne Rhône-Alpes
© 2000 - 2020 Institut des Risques Majeurs | Plan du site | Notice légale | Crédits | Contact |